L'aide à la personne vu par "La bosseuse"

En tant qu'auxiliaire de vie auprès de tout public à domicile, depuis 40 ans, ma définition du métier, au-delà d'entretenir un relationnel chaleureux, notre mission est simplement de soigner notre travail comme chez soi, ou mieux que chez soi, et dans cette optique, il en est que mieux accompli.

Analyse du métier de l'Aide et l'Accompagnement à la personne :

Vu la tendance actuelle, en 2020, qui démontre bien que la situation ne va pas en s’améliorant, en ce qui concerne la considération financière de l’intervenante et la prise en charge des déplacements afférents à sa profession, le métier de l’aide à la personne, au détriment des salariés, est seulement payant pour les administrateurs des structures bâties mais aussi virtuelles qui sont grandissantes .... Ce triste constat m’interpelle du fait que les usagers dans le besoin d’aide ou/et leurs familles, n'ouvrent pas les yeux pour la simple réalité qu’elles n’ont pas à s’occuper de la gestion du dossier et n'hésitent pas à payer cher, entre 21,00 à 30,00 € de l’heure, alors que la salarié est payé le Smic environ à 8,05 € net.

Et pourtant, cette valeureuse intervenante assume une pluralité de fonctions dans son travail : de maintien de salubrité du domicile, mais aussi psychologique et humaine, au plus profond de l’intimité de la personne aidée dépendante adulte, avec dignité et respect qui vont de pairs. Pour ce qui concerne la garde d’enfants, de posséder une capacité à inculquer des compléments positifs neutres, pour améliorer ou maintenir, au mieux, ses connaissances civiques et morales */1... C'est un métier qui demande beaucoup de professionnalisme armé de qualifications essentielles et vitales à un maintien serein à domicile selon les besoins des publics. Ceci dans un temps imparti et trop souvent limité, qui est dénoté allègrement par le système à de basses tâches.

 

Toute personne équilibrée ne peut pas penser que cette situation doit rester en l’état !

Seriez-vous capable d’être au service d’autrui avec une telle efficacité constante à long terme ?

 

Le système d’agence vous oriente vers des objectivités selon une idéologie qui lui rapporte d’abord financièrement et ensuite lui donne encore plus de pouvoir au détriment des salariés mais également de toute l’attention à porter à vos besoins, avec votre accord. Et si vous changiez le cours de cette fracture sociale qui, au lieu de vous assujettir et vous détacher un peu plus de la réalité, si vous vous bonifiez vers plus d’humain et posez votre regard en faveur de la situation salariale de votre intervenante, ceci est mon objectif.

 

Le moyen de reconsidérer cette situation est le CESU, seule porte d’entrée à exploiter pour redorer le salaire de votre employée et lui donner un statut reconnu et honorable au salaire juste, pour un prix moindre ou équivalent aux agences, suivant la distance kilométrique. Donner du sens à des êtres méritants pour obtenir des missions réunissant des qualités humaines et pécuniaires pour les deux parties, plus adéquatement, joindre l’utile à l’agréable.

 

Conditions de travail vu par La Bosseuse …. Liste non exhaustive

 

Ces observations personnelles, vérifiées, du métier de l’Aide et l’Accompagnement à la personne me semblent nécessaires. En effet, suite à ma longue expérience dans laquelle j’ai rencontré des situations, parfois, plus ou moins "rocambolesques", je me permets de dire que ce métier est au-delà du nettoyage, un ultime et essentiel «bras droit » dans l’Aide et l’Accompagnement à la personne.

Toute intervenante doit s’y retrouver pour un travail d’exception auprès de quelconque public aidé ou/et de s’en inspirer si elles le souhaitent.

Tout futur employeur, en CESU, doit y trouver l’importante volonté valorisante, tant humaine que sociale, ainsi que la rigoureuse sollicitude de La Bosseuse pour notre métier.

 

Début d’intervention :

Suivant les protocoles, pour entrer au domicile de la personne aidée, une boite à clé codée ou autre dispositif est en place. Selon les indications de l’emploi du temps, les pathologies mais aussi le caractère de la personne aidée, vous devez gérer son approche avec fair-play et professionnalisme. Pour votre intrusion matinale chez elle, son incidence aura des conséquences sur son humeur pour la journée. Généralement, la régularité des missions par les mêmes intervenantes apaise son stress et au fil du temps s’en libère. Voix apaisantes, touchers rassurants et sourires sont de mises, si des manipulations peuvent entraîner des douleurs, prendre soin de l’avertir et s’en excuser. Malgré tout, si la personne aidée est plus ou moins agressive, peu importe le taux, dominez, selon votre sensibilité, votre exaspération ou dans l’inverse votre abattement, dans tous les cas, ne faîtes pas ressentir vos émotions, restez dans le dialogue et la bonne attitude, ça reste toujours payant, vous le découvrirez au fil de vos interventions chez cette personne. Il est évident qu’il ne faut pas laisser perdurer la situation et qu’un dialogue bienveillant avec la famille s’impose pour une solution, avec de préférence la présence de la personne qui peut mesurer l’intérêt que nous portons à son égard, et peut contribuer au changement attendu. Parenthèse importante pour l’intervenante, ne vous sentez jamais coupable d’une situation dans laquelle aucuns de vos efforts n’a portez ses fruits, à chaque situation, sa solution.

 

Intervention :

Seul, le protocole émané par la famille est à respecter, si des compléments sont demandés par des tiers (ex : du personnel soignant), la personne aidée ou la famille doit donner son aval systématiquement, évitant ainsi des différents inutiles. En tant qu’intervenante, ne pas hésiter à donner des perspectives visant à l’améliorer, et pour la personne aidée, et pour vous faciliter les tâches également, notre métier en contact direct avec la personne aidée est un atout majeur pour renforcer son mieux être au quotidien.

Du côté pratique, une chose fondamentale, essentielle et primordiale à leur bien-être est de remettre les choses EXACTEMENT à leurs places et dont vous verrez plus loin que c’est important pour les autres intervenants, que ce soit de votre équipe ou autres.

 

Civisme :

Il va s’en dire que la politesse est de rigueur, le tutoiement est inacceptable, appart chez les enfants, même si la personne aidée a perdu tout ou partie de ses facultés cognitives. Le sourire, la douceur dans la voix et dans les gestes, le regard, sont des démarches positives à l’amélioration du psychisme mental. Par les temps qui courent, le sourire, me direz-vous ? Même avec un masque, il se voit dans vos yeux, leur éclaire leur journée et même votre voix s’en trouve plus légère. Également, une main sur l’épaule, tout contact est bienfaiteur, les regarder quand on s’adresse à eux, utiliser la plaisanterie à hauteur de leur prédisposition. A cela, si quelque chose vous interpelle, salissures suite repas (sur vêtement, sur leur visage), traces sur les lunettes, dentiers à recoller, mains et ongles sales trop longs, ajuster, mettre ou ôter un vêtement ou petite couverture dû au chaud/froid, un bouton à coudre… etc Toutes ces petites choses habillent leur considération et dignité de leur personne.

 

Dialogue :

Maintenir un dialogue (même si vous vous répétez), ne pas les frustrer en reprochant la faute sur leurs handicaps, leurs maladies, toujours les revaloriser par rapport au poids des années, de la souffrance, d’un échec de la vie, être à l’écoute, ne jamais répondre à une de leurs interrogations dont vous n’avez pas la réponse ou que vous ne voulez pas répondre, leur laisser entrevoir que vous la saurez ultérieurement, les personnes aidées restent ainsi apaisées de savoir que vous portez un intérêt à leurs questionnements. Ne pas les laisser seules durant votre intervention, le moins possible, (ex : si vous balayez la terrasse, leur proposer de faire quelques pas ou de prendre l’air, déplacé le repassage à proximité de leur fauteuil). Expliquez leurs ce que vous faîtes et soyez anecdotiques pour les faire sourire, plus vous serez à proximité, plus elles auront leurs journées occupées mentalement de votre intervention. Les faire patienter si elles veulent la télé qui occupera leurs solitudes autrement, après votre départ.

 

Fin d’intervention :

Avant votre départ, assurez-vous de leur besoin puis de leur bonne installation et de tout ce qui leur est nécessaire, confort, hydratation, mouchoirs, poubelle, revue, lunettes de lecture ou de loin, télécommande télé et télé si branchée, téléphone, collation, et si incontinente, d’accès facile au fauteuil garde-robe, change/culotte, papier hygiénique. Penser à laisser un message, seulement si c’est nécessaire, nommé, daté et signé dans le cahier de liaison, pour le bon suivi de votre intervention, ex : (machine à étendre, ou Mr un tel a eu des nausées), mais pas des tâches prévues et qui semble évident qu'elles soient faîtes.

 

 

Le travail en équipe :

Le travail en équipe défini que plusieurs intervenantes se succèdent, par fraction d’une ou plusieurs heures, dans une journée ou semaine, suivant un emploi du temps cadré.

Quoi qu’il en soit, ce travail a été distribué aux intervenantes afin QUE CHACUNE NE LAISSE PAS DU TRAVAIL A LA COLLÈGUE SUIVANTE, chaque intervenante doit savoir élaborer ses tâches dans le temps imparti, préalablement réparti suivant le nombre d’heures, le moment de l’intervention, et les besoins de la personne.

Si pour une raison exceptionnelle, le travail n’a pas pu être terminé, l’intervenante doit avertir la famille et sa collègue. Le respect en passe également par la coordination de chaque métier intervenant à ce domicile mais PERSONNE ne doit en souffrir, chacun des métiers doit assumer dans son temps ses fonctions sans dénigrer l’emploi de l’Aide à la personne, cela vaut également pour les membres de la famille de la personne aidée.

Le travail d’équipe d’exception repose sur le respect de ses collègues post journalières en veillant à être efficace dans la restitution en bonne place des matériels, qui permettront à leurs tours d’être efficaces, mais pas que, aux bénéfices d’éventuels intervenants soignants et autres et surtout de la personne aidée.

 

Le téléphone :

Le mobile personnel des intervenantes est à proscrire durant l’intervention, toutefois, répondre rapidement verbalement ou par un texto de prise en compte de l’appel, en ayant pris soin de s’excuser auprès de la personne aidée, en sa présence, peut ouvrir à un dialogue qui peut lui être favorable dans un sens social.

 

Repas aidé :

Ne pas imposer votre présence directe qui peut être gênante suivant les difficultés de la personne aidée, sauf demandé par le protocole. Quand elle est en mesure de manger seule, une fois servie son plat chaud, aidée à le mettre en morceaux, et ayant tout à sa disposition pour terminer son repas qui ne nécessite plus votre soutien, tout en restant à proximité, privilégiez des tâches d’entretien qui concernent les éléments de la cuisine ou pièces voisines. A contrario, ne pas lui donner la sensation d’abandon, s’assurer à mis temps du reste du repas que tout va bien.

 

Passage aux toilettes :

Durant son passage aux toilettes, restez très vigilant à l’accompagnement, si la personne aidée à de l’aversion à l’apprentissage d’un matériel pour son aide aux déplacements, ou/et pour sa nouvelle déficience handicapante qui l’oblige à être assistée intimement, maîtrisez la situation en l’encourageant verbalement, détendez l’ambiance pour lui ôter son stress, votre professionnalisme va encore une fois lui rendre sa dignité. Ne pas rester dans sa vision lorsqu’elle sera en place mais effectuez une tâche à proximité ou des réappros nécessaires de courte durée.

 

Paragraphe pour la garde d’enfants :

Suite à la parenthèse faîtes en */1 relatif au sens civique et moral, essentiel et constant durant l’intervention, associer une dextérité fluide dans l’écoute et le dialogue. Savoir évoluer verbalement avec humour et fantaisie en accompagnant des activités ludiques en alternants des temps calmes sans oublier les moments propices aux collations ou repas. Savoir argumenter pour aider à des choix pas désirés de l’enfant mais nécessaires. Le tout, selon les objectifs proposés et/ou attendus des parents.